Oui, la peau des figues est parfaitement comestible. Plus encore : c’est elle qui concentre l’essentiel des antioxydants et des fibres du fruit. Mais soyons honnêtes, sa texture épaisse et son amertume ne plaisent pas à tout le monde. La vraie question n’est pas tant « peut-on » que « comment s’y prendre » et « faut-il vraiment s’embêter avec ça ».
Oui, la peau de figue se mange sans danger
Aucun risque à croquer dans une figue entière. La peau est totalement comestible, qu’il s’agisse d’une figue fraîche ou d’une figue sèche. D’ailleurs, les figues séchées du commerce gardent toutes leur peau, et personne ne s’en plaint.
Seule la tige doit impérativement être retirée. Elle produit un suc laiteux et blanc franchement urticant, capable de provoquer des irritations sérieuses au contact de la peau ou des muqueuses. Un coup de couteau à la base du fruit, et le tour est joué.
Pour le reste, tout se mange. La peau violette des figues noires, la peau verte des variétés blanches, l’intérieur rouge carmin ou rosé : c’est vous qui décidez.
Pourquoi garder la peau : ce qu’elle apporte vraiment
La peau de figue concentre la majorité des antioxydants du fruit. On y trouve principalement des acides phénoliques et des flavonoïdes, deux familles de composés aux effets anti-inflammatoires documentés. Ces molécules passent dans la circulation sanguine après digestion et aident à neutraliser les radicaux libres dans l’organisme.
Côté fibres, la peau en est bourrée. Elle contribue efficacement au transit intestinal et augmente la sensation de satiété. Retirer la peau, c’est perdre une bonne partie de cet apport.
Sur le plan gustatif, la peau apporte du caractère. Elle développe une légère amertume qui contraste avec la douceur presque confite de la chair. Ce petit twist amer, quand la figue est bien mûre, relève l’ensemble et évite l’écœurement du trop-sucré.
En gros, manger la peau permet de profiter à 100 % du potentiel nutritionnel et aromatique de la figue. Mais encore faut-il que la texture passe.
La peau de figue en bouche : soyons francs
Parlons vrai : la peau de figue n’est pas toujours agréable. Certaines variétés ont une peau franchement épaisse et coriace, qui craque sous la dent et laisse une sensation râpeuse en bouche. D’autres, plus fines, se font presque oublier.
Tout dépend de trois facteurs : la variété, le degré de maturité et la fraîcheur du fruit.
Une figue bien mûre, cueillie à point, aura une peau souple et tendre. Une figue cueillie trop tôt ou mal conservée développera une peau dure et amère, parfois désagréable à mastiquer.
Les figues violettes de Solliès, par exemple, ont une peau relativement épaisse mais qui s’attendrit à maturité. Les figues vertes, comme la variété Bourjassotte, présentent généralement une peau plus fine.
Autre point : certaines personnes trouvent la texture rugueuse de la peau carrément rédhibitoire. C’est une question de sensibilité personnelle. Si vous avez du mal avec les textures granuleuses, vous risquez de ne jamais apprécier la peau de figue, même sur un fruit parfait.
Quand et comment manger la peau
Si vous décidez de garder la peau, quelques règles simples augmentent vos chances d’apprécier l’expérience.
Rincez toujours les figues à l’eau claire avant de les manger. Pas besoin de les frotter comme des pommes, une peau de figue est poreuse et se gorge vite d’eau. Un passage rapide sous le robinet suffit.
Privilégiez les figues bio si possible. La peau accumule les résidus de pesticides. Sur des fruits non bio, vous pouvez rincer plus longuement ou carrément retirer la peau.
Choisissez des figues bien mûres. Au toucher, le fruit doit être souple mais pas mou. La peau sera plus tendre, moins amère. Une figue dure au toucher n’est pas prête, et sa peau sera désagréable.
Testez la cuisson. Les figues rôties au four, poêlées au beurre ou cuites en confiture voient leur peau s’attendrir complètement. L’amertume s’estompe, la texture devient fondante. Si la peau crue vous rebute, essayez la version cuite.
Enfin, sachez que certaines variétés sont objectivement plus agréables à manger avec la peau. La figue Noire de Caromb ou la figue Bourjassotte Grise ont des peaux fines et sucrées. À l’inverse, la Brown Turkey développe une peau épaisse qui peut déplaire.
Si vous n’aimez vraiment pas la peau
Pas de drame. Personne ne vous oblige à manger la peau pour profiter des figues. Vous perdrez une partie des antioxydants et des fibres, certes, mais la chair reste riche en vitamines B, en potassium et en sucres naturels.
Éplucher une figue est d’une simplicité enfantine. La peau se détache facilement aux doigts quand le fruit est mûr. Vous pouvez aussi couper la figue en deux et prélever la chair à la petite cuillère, comme on le fait avec un avocat ou un kiwi.
Certaines recettes, d’ailleurs, demandent explicitement de retirer la peau. C’est le cas de certaines confitures où l’on veut une texture lisse, ou de certaines tartes où la peau pourrait apporter trop d’amertume.
L’essentiel, au final, c’est de manger des figues. Avec ou sans peau, fraîches ou séchées, nature ou cuisinées. Ce fruit mérite sa place dans votre alimentation, ne serait-ce que pour sa densité nutritionnelle et son goût unique. La peau n’est qu’un détail dans l’histoire.
