Peut-on manger du fromage quand on a du cholestérol ?

Oui, vous pouvez manger du fromage même avec du cholestérol. L’essentiel tient en trois points : choisir les bonnes variétés, respecter les quantités et savoir quand le déguster. Pas besoin de dire adieu au plateau de fromages.

Pourquoi le fromage inquiète quand on surveille son cholestérol

Le fromage concentre des graisses saturées. Ces lipides augmentent le taux de LDL, ce fameux « mauvais » cholestérol qui s’accumule dans les artères. Sur le papier, ça sent le danger cardiovasculaire.

Sauf que la réalité est plus nuancée. Une étude française publiée en 2021 a suivi pendant cinq semaines des personnes souffrant d’hypercholestérolémie modérée qui consommaient 60 g de camembert par jour. Résultat : aucune modification du bilan lipidique ni de la pression artérielle.

La matrice fromagère joue un rôle protecteur. Le calcium qu’elle contient, les processus de fermentation, la structure même du produit modulent l’impact des graisses saturées. Tous les acides gras saturés ne sont pas athérogènes. Ceux à chaînes courte et moyenne, très présents dans la matière grasse laitière, n’ont pas le même effet délétère que ceux du beurre ou de la viande grasse.

Le fromage n’est donc pas votre ennemi. Mais il faut savoir le choisir.

Les fromages à privilégier : la règle des 30 g

30 grammes par jour, c’est la portion recommandée par l’Assurance maladie et les nutritionnistes. Pas 100 g, pas une tranche épaisse. 30 g, soit environ deux phalanges de doigt pour un fromage à pâte dure.

Dans cette limite, vous pouvez miser sur les fromages frais et à pâte molle. Ils contiennent plus d’eau, donc moins de matières grasses à volume égal.

FromageLipides pour 30 gVerdict
Cancoillotte< 3,5 gExcellent choix
Chèvre frais3,6 gTrès bien
Ricotta2 gIdéal
Mozzarella allégée2,5 gParfait
Cottage cheese1,5 gTop
Feta3 gCorrect

Ces fromages cumulent deux avantages : faible teneur en graisses saturées et apport intéressant en protéines. Le fromage de chèvre et le fromage de brebis sont souvent moins gras que leurs équivalents au lait de vache. Mais attention, ce n’est pas une règle absolue. Vérifiez toujours l’étiquette.

La cancoillotte reste la championne pour qui surveille son cholestérol. Avec moins de 10 % de matières grasses, elle laisse une marge confortable pour le reste de la journée.

Les fromages à limiter (sans les diaboliser)

Les pâtes dures et les fromages persillés concentrent davantage de lipides. Normal : moins d’eau, plus de matière grasse pour le même poids.

Comté : 418 kcal et environ 12 g de lipides pour 30 g. Parmesan : dans les mêmes eaux. Roquefort : jusqu’à 6 g de graisses saturées pour 30 g, soit 30 % de l’apport quotidien recommandé. Cheddar affiné : 6 g également. Camembert : 7 g de graisses saturées pour la même portion.

Faut-il les bannir ? Non. Gardez-les pour les occasions, les repas entre amis, les moments où vous voulez vraiment vous faire plaisir. Mais ne les installez pas dans votre quotidien si votre bilan lipidique est déjà dans le rouge.

Une astuce simple : si vous craquez pour un morceau de comté, zappez le beurre sur les tartines le matin. Si vous succombez au roquefort, allégez sur les autres sources de graisses saturées de la journée. Tout est question d’équilibre global, pas d’interdiction stricte.

Quand manger votre fromage fait la différence

Le petit-déjeuner est le meilleur moment pour consommer du fromage quand on surveille son cholestérol. Ce n’est pas un détail folklorique, c’est de la chronobiologie.

Votre organisme produit du cholestérol principalement la nuit et en début de matinée. Si vous lui apportez du cholestérol alimentaire avant midi, il en fabrique moins. Le taux sanguin grimpe donc moins qu’en cas de consommation le soir.

Raphaël Gruman, nutritionniste interrogé par Medisite, confirme : « Dans la matinée, d’un point de vue chronobiologique, cela aura moins d’impact sur l’élévation du taux de cholestérol. »

Concrètement ? Intégrez 30 g de fromage frais à votre petit-déjeuner avec du pain complet, quelques fruits secs, un fruit frais. Vous tenez jusqu’à midi sans fringale et vous limitez l’impact lipidique.

Si vous êtes plutôt team plateau de fromages en fin de repas, ce n’est pas dramatique. Mais sachez que vous n’optimisez pas. À vous de voir où se situe votre curseur entre plaisir et stratégie santé.

Ce que le fromage vous apporte (au-delà du cholestérol)

Supprimer totalement le fromage sous prétexte de cholestérol, c’est se priver d’une source nutritionnelle précieuse.

700 à 800 mg de calcium pour 100 g : indispensable pour vos os, vos dents, la contraction musculaire. Le fromage reste l’un des meilleurs vecteurs de calcium biodisponible. La mozzarella et le cheddar ajoutent du phosphore (santé osseuse, croissance des tissus), du zinc (peau, système immunitaire), des vitamines B2 et A sous forme de rétinol.

Les fromages apportent également des protéines de haute qualité. Un fromage blanc à 0 % ou 20 % de matières grasses vous cale efficacement sans exploser votre compteur lipidique.

L’équilibre alimentaire, c’est justement ça : ne rien diaboliser, tout doser. Un régime trop restrictif génère de la frustration, puis des craquages. Mieux vaut intégrer 30 g de fromage bien choisi chaque jour que de craquer sur 150 g de comté un samedi soir parce que vous êtes en manque depuis trois semaines.

3 réflexes pour continuer à se faire plaisir

1. Prédécoupez vos portions de 30 g

Quand vous rentrez du marché ou du supermarché, sortez votre balance. Découpez vos fromages en parts de 30 g. Emballez-les individuellement. Vous ne vous posez plus de questions en ouvrant le frigo. Une portion = une part. C’est net, c’est clair.

2. Évitez le plateau complet sur la table

La tentation visuelle est réelle. Si vous posez cinq fromages différents sur la table, vous allez goûter les cinq. Sortez uniquement votre portion du jour, ou celle de chaque convive si vous êtes plusieurs. Le reste attend sagement au frais.

3. Alternez fromage et yaourt nature

Vous n’êtes pas obligé de manger du fromage tous les jours. Un jour sur deux, remplacez-le par un yaourt nature (vache ou chèvre), un fromage blanc à 0 % ou 20 %, un verre de lait demi-écrémé. Vous variez les plaisirs, vous allégez la note lipidique, vous maintenez l’apport en calcium.

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koessler.buisness@gmail.com
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