Oui, vous pouvez manger de la mozzarella enceinte. À une condition non négociable : elle doit être fabriquée avec du lait pasteurisé. Le vrai danger ne vient pas du fromage lui-même, mais de la bactérie listeria qui peut se développer dans le lait cru. Cette bactérie provoque la listériose, une infection grave pour le fœtus. Avec du lait pasteurisé, le risque disparaît.
La règle d’or : pasteurisé ou rien
La pasteurisation consiste à chauffer le lait à haute température pour détruire les bactéries pathogènes, notamment Listeria monocytogenes. Ce processus élimine le risque de listériose sans altérer les qualités nutritionnelles du fromage.
Concrètement pour la mozzarella, cela change tout. La majorité des mozzarellas vendues en supermarché sont fabriquées avec du lait pasteurisé. Elles sont sans danger. Le problème surgit avec les produits artisanaux ou les mozzarellas fraîches vendues sur les marchés, souvent préparées avec du lait cru.
Mozzarella industrielle en barquette ? Généralement safe. Boule de mozza achetée chez un fromager italien qui la fabrique lui-même ? Méfiance absolue. Posez la question avant d’acheter.
Vérifier avant d’acheter : mode d’emploi
Sur l’étiquette, cherchez la mention « lait pasteurisé » dans la liste des ingrédients. Si vous voyez « lait cru » ou aucune indication, passez votre chemin. En cas de doute, ne prenez pas le risque.
En supermarché, vous êtes tranquille à 95 %. Les mozzarellas Galbani, Cœur de Lion, marques distributeurs : quasiment toutes pasteurisées. Mais vérifiez quand même l’étiquette par réflexe. Ça prend trois secondes.
Chez le fromager, demandez directement : « Elle est au lait pasteurisé ? » Un bon professionnel comprendra immédiatement pourquoi vous posez la question et vous répondra sans détour. S’il esquive ou n’est pas sûr, n’achetez pas.
Sur les marchés fermiers ou dans les épiceries fines italiennes, la vigilance doit être maximale. Les produits artisanaux locaux sont souvent fabriqués avec du lait cru, surtout s’ils viennent directement d’Italie. C’est justement ce qui fait leur qualité gustative, mais ce n’est pas compatible avec la grossesse.
En Italie ou dans les pays méditerranéens, même réflexe. La mozzarella di bufala artisanale vendue sur les marchés locaux est rarement pasteurisée. Posez la question, ou abstenez-vous.
Les différents types de mozzarella pendant la grossesse
La mozzarella di bufala suit exactement la même règle que la mozzarella classique. Que le lait soit de bufflonne ou de vache ne change rien : seule la pasteurisation compte. Si elle est pasteurisée, vous pouvez en manger. Si elle est au lait cru, non.
Le fior di latte, fabriqué exclusivement avec du lait de vache, obéit à la même logique. Version industrielle pasteurisée ? Aucun souci. Version artisanale au lait cru ? À éviter.
La burrata demande une double vigilance. Ce fromage se compose d’une enveloppe de mozzarella et d’un cœur de crème et de morceaux de mozzarella. Il faut que le lait utilisé pour la mozzarella ET la crème soient tous deux pasteurisés. En supermarché, c’est généralement le cas. En épicerie fine ou au restaurant italien haut de gamme, vérifiez.
La stracciatella, qui mélange des filaments de mozzarella et de la crème, pose le même défi que la burrata. Deux ingrédients lactés, donc deux sources de risque potentiel. Même conseil : vérifiez systématiquement.
La scamorza, cette mozzarella séchée et parfois fumée, est généralement produite industriellement avec du lait pasteurisé. Mais comme elle se vend aussi chez les fromagers spécialisés, posez la question avant d’acheter. Son goût fumé marqué peut aussi accentuer les nausées si vous y êtes sensible.
Mozzarella cuite : l’option zéro risque
La cuisson à haute température élimine la listeria. À partir de 70°C pendant au moins deux minutes, la bactérie est détruite. Une pizza cuite au four à 250°C ? Aucun danger, même si par malheur la mozzarella était au lait cru.
Gratins, lasagnes, tartes salées, bruschetta passée au four : tous ces plats vous offrent une sécurité totale. La chaleur fait le travail. C’est d’ailleurs pour ça que la pizza reste le plat le plus sûr au restaurant, même si vous n’avez aucune idée de la provenance de la mozzarella.
Mais autant choisir directement une mozzarella pasteurisée. Vous pourrez la manger crue en salade, fondue sur une pizza, ou nature avec un filet d’huile d’olive. Pas besoin de vous limiter à la cuisson systématique.
Au restaurant : les questions à poser
Dans une pizzeria classique, vous ne risquez rien. Les pizzerias utilisent de la mozzarella industrielle pasteurisée. C’est moins cher, ça se conserve mieux, ça fond parfaitement. Aucune raison de s’inquiéter.
Dans un restaurant italien gastronomique qui met en avant ses produits d’exception, la situation change. Ils peuvent utiliser de la burrata artisanale au lait cru ou de la mozzarella di bufala importée fraîche. Demandez simplement au serveur : « La mozzarella est au lait pasteurisé ? » Ne vous justifiez pas, ne vous excusez pas. C’est une question légitime.
Pour une salade caprese, même démarche. Si le restaurant ne peut pas vous garantir que la mozzarella est pasteurisée, commandez autre chose. Vous aurez neuf mois pour rattraper cette salade manquée.
Si vous sentez que le serveur ne sait pas ou invente une réponse, faites confiance à votre instinct. Mieux vaut renoncer à un plat que prendre un risque inutile.
Ce que la mozzarella apporte (vraiment)
La mozzarella contient environ 20 grammes de protéines pour 100 grammes. Ces protéines participent à la construction des tissus du fœtus et soutiennent vos propres besoins, qui augmentent pendant la grossesse.
Elle apporte aussi du calcium, indispensable à la formation du squelette de votre bébé et au maintien de votre densité osseuse. C’est l’un des fromages les plus intéressants sur ce point.
Avec 250 calories pour 100 grammes, la mozzarella fait partie des fromages les moins caloriques. Elle contient autant de protéines que de lipides, ce qui en fait un aliment équilibré. Bien plus léger que les pâtes dures type gruyère ou emmental.
La vitamine A présente dans la mozzarella renforce le système immunitaire et favorise le développement de la vision du fœtus. Elle joue aussi un rôle dans la prévention de l’anémie, une des causes d’accouchement prématuré. Pas besoin de compléments alimentaires pour en manquer : il faudrait manger un kilo de mozzarella par jour pour atteindre un seuil problématique.
Vous pouvez donc en manger régulièrement sans culpabiliser. Une boule de 125 grammes dans une salade tomate-basilic, quelques morceaux fondus sur des pâtes, ou en garniture d’une pizza maison : c’est à la fois gourmand et utile pour votre grossesse.
